(Sean Brown, unsplash)

L’univers est rempli de mystères qui remettent en question notre savoir actuel. Dans la série « Au-delà de la science », Epoch Times rassemble des récits à propos de ces phénomènes étranges pour stimuler notre imagination et nous amener à découvrir des horizons insoupçonnés. Sont-ils vrais ? À vous de décider.

Des gens qui ne voyaient pas depuis leur naissance ont fait l’expérience de mort imminente, ils ont alors senti qu’ils quittaient leur corps et ont eu une perception visuelle pour la première fois. Pour certains, cela semblait naturel ; pour d’autres, c’était un choc et la confusion totale.

Plusieurs personnes sentent qu’ils quittent leur corps au cours d’expériences de mort imminente (EMI). Un sondage Gallup effectué en 1982 démontre que 15 % de tous les Américains qui ont échappé à la mort (dans des circonstances très variées) ont déclaré avoir fait des EMI. Environ 9 % d’entre eux ont décrit « la sortie typique hors du corps », 11 % ont déclaré avoir fait l’expérience d’une autre dimension et 8 % ont dit avoir fait la rencontre d’êtres spirituels.

Pour les gens aveugles ayant fait des EMI, les perceptions visuelles augmentent l’intensité de ce mystère.

Certaines personnes soutiennent que les EMI sont des hallucinations ; pourtant, plusieurs études sur l’EMI réfutent cette explication. L’hypoxie, ou le manque d’oxygène, lui est souvent attribuable. Une autre explication est associée à l’intrusion de mouvements oculaires rapides (MOR) – comme des MOR, associés aux rêves pendant le sommeil – qui surviennent lorsque les gens sont éveillés.

L’incertitude de quelques-uns pourrait être attribuable au fait que, n’ayant jamais fait l’expérience de la perception visuelle, ils n’ont aucune idée de ce dont il s’agit.

Un des chercheurs qui rejette ces explications est Robert Mays, qui a étudié les EMI pendant plus de 30 ans. Lors d’une conférence à International Association for Near-Death Studies en 2014, il expliquait que les EMI sont très différentes des expériences se déroulant habituellement dans les conditions d’hypoxie ou d’intrusion des MOR.

M. Mays affirme que les « gens ayant fait des EMI rapportent toujours que leurs expériences sont extrêmement réalistes et dépassent de loin l’expérience consciente de la vie ordinaire – ils ont senti que la dimension où ils étaient pendant leur EMI est leur véritable origine, imprégnée d’amour inconditionnel et qu’ils ne sont plus effrayés par la mort ».

« Ces aspects particuliers ne font pas partie d’expériences d’hypoxie, d’intrusion des MOR, etc. », explique Mays.

Des études ont démontré que lorsque les gens aveugles rêvent, ils ne voient pas. Pourtant, des études suggèrent que les gens aveugles font souvent l’expérience de voir lorsqu’ils font des EMI.

Par exemple, une étude sur les rêves de personnes aveugles a été menée par Amani Meaidi à l’Université de Copenhague et publiée dans le journal Sleep Medicine en 2014. On a découvert qu’aucun des participants aveugles de naissance ne rapportait avoir des impressions visuelles pendant ses rêves.

Pour ceux qui avaient déjà eu l’usage de la vue dans leur vie, plus le temps s’était écoulé depuis qu’ils avaient perdu la vue, moins ils étaient susceptibles de rapporter avoir eu des impressions visuelles pendant leurs rêves.

Une étude menée par Kenneth Ring à l’Université du Connecticut dans les années 1990 sur les personnes aveugles ayant eu des EMI a confirmé que 15 des 21 participants avaient rapporté une perception visuelle quelconque, 3 d’entre eux n’étaient pas certains d’avoir eu ces perceptions visuelles et les 3 autres n’avaient rien vu. La moitié de ceux qui étaient aveugles de naissance ont rapporté avoir vu quelque chose.

L’incertitude de quelques-uns pourrait être attribuable au fait que, n’ayant jamais fait l’expérience de la perception visuelle, ils n’ont aucune idée de ce dont il s’agit, surtout combinée aux autres caractéristiques exceptionnelles des EMI

Un homme, aveugle de naissance, a confié à M. Ring qu’il s’était retrouvé dans une bibliothèque contenant « des milliers de millions de milliards de livres, aussi loin qu’on pouvait voir  ». Quand on lui a demandé s’il les avait vus, il a répondu : « Oh oui ! » Les avait-il vus clairement ? « Sans problème. » Était-il surpris d’avoir pu voir de cette façon ? « Pas le moins du monde. Je me suis dit : “Hé, tu ne peux pas voir.” Ensuite, je me suis dit : “Bon, bien sûr que je peux voir. Regarde tous ces livres. C’est la preuve que je peux voir.” »

M. Ring a interviewer Vicki Umipeg qui a fait l’expérience de la mort imminente – elle a aussi parlé de son expérience dans différents médias – elle dit qu’en général l’expérience s’est révélée plaisante, mais elle décrit comme « terrifiant » le fait d’avoir pu soudainement voir.

Des études ont démontré que lorsque les gens aveugles rêvent, ils ne voient pas. Pourtant, des études suggèrent que les gens aveugles font souvent l’expérience de voir lorsqu’ils font des EMI.

Elle avait 22 ans et travaillait comme chanteuse dans un cabaret de Seatle. Après son travail, une nuit, elle n’a pas pu trouver un taxi alors elle a accepté de prendre la route avec un client ivre. Ils ont eu un accident. Elle avait des blessures sérieuses, dont une fracture du crâne.

Elle a senti qu’elle quittait son corps et qu’elle flottait vers le plafond de l’hôpital Harborview. Elle a entendu le docteur parler de la possibilité que son tympan soit atteint et qu’elle devienne sourde. Elle pouvait voir le docteur penché au-dessus de ce qui devait être son corps. Elle n’avait jamais vu son propre corps.

Tirée d’un tunnel, elle arrive dans un endroit avec du gazon et des êtres de lumière, raconte-t-elle. Dans une entrevue menée pour le documentaire de la BBC intitulé The Day I died, Mme Umipeg rapporte : « Je me sentais dépassée par l’expérience, parce que je n’avais jamais imaginé ce qu’est la lumière. »

Mme Umipeg est née prématurément et est devenue aveugle après avoir reçu trop d’oxygène dans l’incubateur. Elle a dit que, pendant son EMI, c’était merveilleux d’être là-bas, libre, sans le souci de me frapper contre les objets. Si elle voulait savoir quelque chose, le savoir venait à elle. Lorsqu’elle est revenue dans son corps, elle a avoué que « c’était insoutenable, très douloureux et très lourd ».

M. Ring a noté que Mme Umipeg utilisait souvent des mots faisant référence à la vue, même pour décrire d’autres choses que son EMI. Par exemple, elle parlait souvent de « regarder » la télévision ou utilisait des phrases comme « regarde ça », même si ce n’était pas littéralement le cas. M. Ring a écrit que « même si ceci ne discrédite pas nécessairement le témoignage dans nos rapports, il faut y faire attention quand vient le temps d’interpréter les récits de nos participants aveugles ».

Un vocabulaire relatif à la vue aurait pu être utilisé par les participants aveugles pour décrire un sens qui leur est difficile à décrire avec des mots, conclut-il.

Pour les gens aveugles ayant fait des EMI, les perceptions visuelles augmentent l’intensité de ce mystère.

Il cite la réponse d’un participant qui était incertain d’avoir pu voir ou non lors de son EMI, « Je crois que ce qui s’est passé est un tas de synesthésies, où toutes les perceptions étaient fusionnées en une sorte d’image dans mon esprit ; vous savez le visuel, le tactile, toutes les perceptions que j’ai eues. Je ne peux pas vraiment dire que j’ai vu quelque chose, mais j’étais conscient qu’il se passait quelque chose et je le percevais dans mon esprit… Mais je ne me souviens pas des détails. C’est pourquoi je suis réticent à décrire l’expérience comme “visuelle”. »

M. Ring conclut : « En réponse à nos questions sur le genre d’expériences que ces individus ont vécu, nous affirmons que si elles n’ont pas été visuelles, elles ont été un état de conscience transcendante, un état distinct de conscience, de mode de perception, qui serait fonctionnel chez les gens qui ne voient pas autant que chez les gens qui voient pendant leur expérience et que cela doit maintenant être expliqué. »